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Joseph Kohnke
Hollow
November 14 – December 13, 2008
Reception at Stride Gallery
Opening: November 14th, at 8 PM

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Joseph Kohnke
Hollow

Par Josianne Monette

- Version française, english will follow -

Aujourd’hui, les arts visuels ne se restreignent plus à des matériaux conventionnels. En fait, une des formes la plus traditionnelle, la sculpture, n’a souvent plus rien à voir avec cette pratique qui autrefois taillait ses sujets directement dans la pierre. Chaque matière a le potentiel de devenir le support d’une œuvre. L’or, le marbre et le bronze ont fait place à des matériaux souvent qualifiés de moins nobles comme le bois, le plastique et l’aluminium. Les artistes se confondent avec les ouvriers qui s’approvisionnent dans les quincailleries. Les statues sans vie sont devenues des œuvres qui, grâce au soutien de moteurs et à l’ingéniosité des créateurs, bougent, respirent et vivent. Autrefois, figure unique sur un socle, la sculpture a envahi l’espace de la galerie pour former avec lui un tout, pour immerger le spectateur et lui faire vivre une expérience esthétique et sensible. Alors qu’auparavant, le visiteur pouvait se contenter de n’être qu’un contemplateur passif, il doit maintenant se déplacer, s’imprégner de l’œuvre et de son influence sur l’espace de la galerie.

Joseph Kohnke est un artiste-bricoleur qui donne une poésie aux objets les plus banals de notre quotidien. Dans le cas de Hollow, il luer insuffle littéralement une nouvelle vie. L'œuvre est formeé de quinze éléments audio-cinétiques et chacun d'etre eux est composé d’une boîte en bois, d’un moteur, d’un harmonica, et d’une bouche provenant d’un mannequin employé pour les exercices de réanimation cardiaque, Hollow se déploie dans l'espace de la galerie à différents niveaux. Enclenché par un moteur, chaque harmonica se déplace dans un lent va-et-vient sur une bouche qui produit à son tour un accord musical qui résonne dans la galerie. Dans les mots de l'artiste, "le cycle sans fin de la respiration mécanisée devient subtilement menaçant: sans arrêt, sans relâchement."1

Les œuvres de Kohnke ont bien souvent un aspect autobiographique, comme si son travail était une catharsis qui le libérait de ses angoisses et de ses préoccupations. Constamment sujet à des crises respiratoires, l’artiste a choisi l’harmonica puisqu’il rappelle le silement des poumons audible chez les victimes d’ennuis respiratoires. Kohnke explique que par cette oeuvre, il a voulu rendre compte non seulement du son, mais également du sentiment que l’on peut ressentir lors d’une crise d’asthme. D’abord, il décrit ce son à l'intérieur du corps au cours d'une attaque comme étant assourdissant, du sifflement dans la poitrine au plus haut bourdonnement dans les oreilles. Puis, avec ce bruit interne vient un énorme sentiment de solitude. Aucune aide extérieure ne peut intervenir. La victime est isolée et le combat pour retrouver le souffle devient solitaire. Lorsque finalement l’attaque se calme et que la cacophonie fait place au silence, le corps est alors plongé dans un état de bien-être. Il réalise qu’une fois de plus, il a échappé à la mort. Effectivement, le son des harmonicas peut rappeler par exemple le bruit des vagues que l’on retrouve dans la musique de relaxation. Un bruit dont le rythme constant apaise et appelle le spectateur au recueillement.

1. Rapport d’artiste de Joseph Kohnke

Joseph Kohnke
Hollow
By Josianne Monette

- English version -

The visual arts today are no longer restricted to the use of conventional materials. In fact, one of the most traditional forms, sculpture, now has almost nothing to do with the age-old practice of carving subjects into stone. Artists see everyday objects as having boundless potential to make art. As a result, they find themselves gathering supplies in hardware stores and the like, and have blurred the line between artist and labourer. Gold, marble and bronze have been supplanted by wood, plastic and aluminum, which were at one time regarded as less noble. Thanks to motors and the ingenuity of the creators, inert statues have become animated, living, breathing entities. Solitary artworks, at one time isolated upon pedestals, have overtaken the gallery space to form a global entity, which submerges the spectator into an aesthetic and sensory experience. No longer a passive observer, the viewer now cannot help but engage with the artwork—moving through it, immersing himself in it, and exerting his influence upon it.

Joseph Kohnke is an artist-handyman who gives poetic dimension to the most banal of everyday objects. In the case of Hollow, he literally breathes new life into them. Consisting of fifteen identical kinetic audio pieces, each of which is composed of a wooden box, motor, harmonica, and CPR mouth, Hollow spreads itself out in the gallery space, at head, chest and foot levels. Initiated by the motors, each harmonica moves in a slow to-and-fro motion against the CPR mouths, which in turn breathe a methodical chord that resonates throughout the gallery. In the artist’s words, “the endless cycles of mechanized respiration become subtly threatening: never stopping, never giving up."1

Kohnke’s work is often autobiographical, serving as a catharsis for his anxieties and worries. Prone to respiratory crises, the artist has chosen to use the harmonica for the way in which it recalls the pulmonary wheezing of those suffering respiratory problems. In this work, Kohnke explains, he wanted to highlight what was both felt and heard by the sufferer experiencing an asthma attack. First, he describes the deafening sound within the body during an attack, from the wheeze in the chest to a ringing in the ear. Then, with this internal noise, comes an overwhelming feeling of loneliness. No outside help can break through. The victim feels cut off, and the struggle for breath becomes a solitary one. When that attack finally exhausts itself and the din is silenced, the body is then enveloped in a sense of well-being. It relaxes with the realization of having narrowly escaped death once again. Conveying the sense of both isolation and relief, the sound of the harmonica may also suggest that of waves–often heard in relaxation music–emitting a soothing, constant rhythm, conducive to tranquility and contemplation.

1. Joseph Kohnke’s artist statement

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writer bio

Détentrice d’une maîtrise en étude des arts de l’Université du Québec à Montréal, Josianne Monette s’intéresse particulièrement aux pratiques artistiques actuelles en lien avec les notions de mémoire et d’histoire. Son mémoire portait sur la représentation de la Shoah dans le travail de Christian Boltanski. Elle travaille présentement chez Optica, un centre d’artistes autogéré situé à Montréal.

Josianne Monette holds the degree of M.A. in art history from the University of Quebec in Montreal and she is particularly interested in artistic practices as they are linked and related to notions of memory and history. Her research was on the representation of the Holocaust in the works of Christian Boltanski. She is now working at Optica, an artist-run centre in Montreal.

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artist bio

Né en 1973 à Monterey en Californie, Joseph Kohnke vit et travaille à Pasadena (Californie). Il est détenteur d’un baccalauréat en arts visuels (sculpture) de la San Jose State University (Californie) et d’une maîtrise en arts visuels (art et technologie) de l’école Art Institute of Chicago (Illinois). Son travail a été présenté aux Etats-Unis, au Canada, en Corée, au Japon et en Chine. En 2007, Joseph Kohnke recevait le prix Illinois Arts Council Fellowship.

Joseph Kohnke was born in Monterey, California in 1973 and now works and lives in Pasadena, California. He received his BFA with an emphasis in sculpture from San Jose state University in California and his MFA with an emphasis in art and technology from The school of The Art Institute of Chicago in Illinois.  His work was shown in the U.S.A, Canada, Korea, Japan, and in China. In 2007 Joseph Kohnke received the Illinois arts Council Fellowship Award.
http://www.josephkohnke.com

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